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Painting workshops in Tuscany

Le surréalisme et le Canada : histoire de l'idée du surréalisme
au Canada anglophone entre 1927 et 1984, ou :
Cours général de surréalisme au Canada anglais, ou :
À l'ombre des totems©

(A History of the Idea of Surrealism
in English speaking Canada
between 1927 and 1984 - Introduction in French)


Microfiches:
National Gallery of Canada (Ottawa)
National Library of Canada (Ottawa)
University of British Colombia (Vancouver)
Université de Lilles (France)
Gary Lee-Nova, Detecting Forgery, c. 1970, collage
English Canada first learned of Surrealism through periodical publications, books, conferences and few exhibitions. Each of those «dispositifs véhiculaires» (Régis Debray, Cours de médiologie générale, Paris, Gallimard, 19991) diffused an idea of the movement based on their differing perceptions : for example, surrealism is essential to the opening up of the Canadian society according to the Canadian Forum, yet it is denounced as fascism in the pages of the Saturday Night. From the first manifestation of surrealism in Canada at the Canadian National Exhibition of 1938 (Toronto), the idea of surrealism has always been subject to English Canadian patriotism yet free from it thanks to favorable conditions of diffusion caused by the transitory apostasy of the dominating ideology of nationalism. Furthermore, we cannot dissociate the idea of surrealism on Canadian soil from the two immigration waves that Canada experienced at the beginning of the Century. Moreover, Protestantism, intimately linked to the burgeoning of industrialization and to the temperance of the senses, is greatly responsible for the delay in the appropriation of Surrealism by English speaking Canadians. In brief, this extensive study examined the relationships of André Breton's surrealist movement to the English-Canadian psyche, geography, climate, and French Canadian painting.


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Dr. Y.M. Larocque

Infosurr relates all the news and history about and around surrealism. In our website (http://www.argyro.net/), we are starting to list all the other websites that deal with surrealism, its actors, ideas and surroundings. Richard Walter

Site on the Austrian surrealist artist and thinker Wolfgang Paalen (1905 Vienna - 1959 Taxco/Mexico) who visited the Canadian West Coast in the late 30s.
www.paalen-archiv.com

709 pages
224 illustrations
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bibliographical references
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bibliographiques
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La problématique est modeste mais essentielle à l'histoire de l'art canadien : comment l'idée du surréalisme s'est-elle rendue, manifestée et propagée dans la noosphère canadienne-anglaise? La réponse est simple : par les textes et par les expositions. Au départ, le Canada anglais connaît avant tout le surréalisme par les périodiques, les livres, quelques expositions et quelques conférences, et, chacun de ces «dispositifs véhiculaires» (Régis Debray) diffuse une image du mouvement. Au moment de la première exposition surréaliste au Canada en 1938 dans le cadre de la Canadian National Exhibition à Toronto, que nous commenterons ici, l'idée du surréalisme, demeure soumise aux élans patriotiques du Canada anglophone, et ne s'en est affranchit que grâce à des conditions favorables de diffusion provoquées dès 1937 par l'apostasie passagère de l'idéologie dominante du nationalisme . Plus généralement, on ne peut dissocier la contextualisation de l'idée du surréalisme en sol canadien des deux vagues d'immigration que connut le Canada au tournant du siècle. La confession protestante, intimement liée à l'essor de l'industrialisation et à la tempérance (Max Weber), est elle aussi en grande partie responsable du retard de l'appropriation de l'idée surréaliste au Canada anglophone.

Par ailleurs, l'émergence de l'idée du surréalisme au Canada est fortement liée aux déplacements des populations rurales à la ville, suscités par une accumulation de profit plus considérable. Déplacement implique nécessairement vitesse, qui implique espace-temps et, en amont, communication. La géographie canadienne devient une «interface» entre plusieurs milieux où s'effectuent maints échanges. C'est la «médiasphère» qu'a décrite Paul Virilio. «Vitesse est violence» écrit-il ; non seulement une violence du déplacement, mais aussi une violence des idées déplacées dont le surréalisme : «La vitesse, par sa violence, devient un destin en même temps qu'une destination» , tout comme le surréalisme d'ailleurs au Canada anglais... Bref, l'évolution du surréalisme dans ce milieu géographique fixe a été non seulement déterminée par la mentalité de la collectivité qui l'habite, mais également par le tissu véhiculaire qui la vêt et la vitesse à laquelle elle s'est rapportée.

Cela dit, on n'aura garde d'oublier l'effet cyclotron de la Deuxième Guerre mondiale avec la diaspora surréaliste : les surréalistes anglais Grace W. Pailthorpe et Reuben Mednikoff s'établissent à Vancouver, la première donne une conférence sur Dada et le surréalisme sur les ondes de la Canadian Broadcasting Corporation. Et que dire du passage de Wolfgang Paalen sur la Côte ouest canadienne? Signalons aussi, d'une part, les traductions tardives de Breton, de F. Alquié et de M. Nadeau (lors des années 60) et, d'autre part, la condition féminine des femmes peintres affranchies des soucis financiers, lesquelles peignent dans une manière «automatiste». Pour finir, l'histoire des idées repose aussi sur les cartes climatiques. L'hiver canadien, ce signe qui se vit, a été un facteur déterminant quant à l'articulation et à la circulation du surréalisme. Le retard du mouvement à s'implanter sur la carte canadienne est dû à cette saison froide puisque, pour y survivre, il fallait d'abord oublier momentanément les «fantaisies surréalistes» (A. Briddle).

Somme toute, le surréalisme canadien-anglais s'écarte des axiomes du surréalisme français pour des raisons d'acclimatation, sans toutefois mettre à distance la philosophie fondatrice du mouvement. S'adaptant à une réalité changeante, le projet surréaliste est amené à se manifester in extenso sur d'autres terrains et à assumer une autre forme par des moyens autres. Néanmoins, l'effet mystagogique, d'étrangeté, restait le but visé : aussi les techniques du surréalisme se trouvaient-elle pleinement justifiées, et les peintres en étaient pleinement conscients. C'est toutefois par le biais d'un romantisme sensible mais indéfinissable, propre aux Canadiens, que la libération esthétique du surréalisme rencontra le problème d'une nouvelle figuration.

Dr. Y.M. Larocque

Infosurr rend compte de l'actualité et de l'histoire du surréalisme et de tous ses environs. Sur son site Internet (http://www.argyro.net/), l'association commence à recenser les sites qui diffusent de l'information sur le surréalisme, ses acteurs, ses idées, ses lointains. Richard Walter

Site du penseur et artiste autrichien Wolfgang Paalen (1905 Vienne - 1959 Taxco au Mexique) qui visita à la fin des années 30 la côte ouest canadienne.
www.paalen-archiv.com